Dans cette section, nous décrirons les différents éléments qu'implique le choix d'un appareil de
protection respiratoire. Pour compléter l'information à ce sujet, vous pouvez consulter le
Guide pratique de protection respiratoire préparé pas l'IRSST et publié par la CSST et qui contient,
entre autres, un organigramme pour faciliter la sélection d'un appareil de protection respiratoire.
3.1 Paramètres pour le choix d'un appareil de protection respiratoire approprié
Avant de choisir un appareil de protection respiratoire, plusieurs facteurs
doivent être considérés et à évalués, dont les propriétés physiques et chimiques du contaminant, sa toxicité et sa concentration, la teneur
en oxygène du lieu de travail, la nature et l'étendue du risque, le rythme, les exigences et les conditions
de travail, la mobilité nécessaire et le temps d'utilisation de l'appareil,
incluant l'entrée et la sortie de la zone contaminée, etc.
La section 6 de la norme CSA Z94.4-93 4
décrit la procédure de sélection
de l'appareil de protection respiratoire approprié. Les sections
suivantes donnent des précisions sur quelques-uns des paramètres conduisant à ce choix.
3.1.1 Contaminants
Il
est nécessaire de connaître les caractéristiques
du ou des contaminants (nature, concentration, toxicité,
état physique dans l'air ambiant) pour bien choisir un appareil
de protection respiratoire.
Selon
le RSST 1 , les poussières,
fumées, brouillards, gaz et
vapeurs présents dans le milieu de travail doivent être
prélevés et analysés de manière à
obtenir une précision équivalente aux méthodes
décrites dans le
Guide d'échantillonnage des contaminants de l'air en milieu
de travail 22 publié par l'Institut
de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail
du Québec ainsi que ses modifications ultérieures.
Une fois les résultats d'échantillonnage obtenus,
les références suivantes peuvent être consultées
pour obtenir les informations nécessaires à l'évaluation
des risques pour la santé du contaminant ciblé :
Il est aussi possible de consulter le personnel du Service du Répertoire toxicologique de la CSST
via la rubrique Contactez-nous de son site Internet.
3.1.2 Seuil d'olfaction et autres caractéristiques de détection
Pour utiliser un appareil de protection respiratoire à épuration
d'air, principalement pour les appareils
à cartouches chimiques ou à boîtier filtrant
utilisés contre des agents toxiques sous forme gazeuse ou de vapeur,
le contaminant doit avoir des caractéristiques de détection
facilement identifiables. Il s'agit d'indices permettant
de percevoir le moment où un contaminant passe la barrière
de protection du masque, soit par saturation, soit par infiltration. Ces
caractéristiques varient d'un contaminant à l'autre
et sont absentes dans certains cas, ou ne sont décelables
qu'à des niveaux qui dépassent les valeurs d'exposition
admissibles :
- odeur;
- saveur;
- irritation des yeux;
- irritation des voies respiratoires.
Selon
la norme CSA Z94.4-93 4 , on présume que les caractéristiques de détection
sont adéquates lorsque l'odeur et la saveur de la substance,
ou l'irritation qu'elle provoque, sont décelables et persistent
à des concentrations égales ou inférieures
à la valeur d'exposition admissible.
3.1.3 Valeur d'exposition admissible
De
façon générale, la valeur d'exposition admissible (VEA)
est le niveau d'un contaminant dans l'air d'une zone de travail qui ne peut être dépassé. Lorsque la
technologie existante ne permet pas l'élimination à
la source, la modification du procédé ou la substitution
des solvants, le port par le travailleur d'un appareil de protection
respiratoire approprié et toutes autres protections nécessaires,
telles que des équipements de protection pour les yeux, les
oreilles ii et la peau peuvent être nécessaires.
Le
choix d'un appareil de protection respiratoire repose principalement
sur la valeur d'exposition moyenne pondérée (VEMP). Dans certaines situations, il est aussi possible de
considérer la valeur d'exposition de courte durée (VECD),
les limites d'excursion et la valeur plafond. Ces paramètres
sont définis à l'annexe I du RSST 1 .
Les valeurs à respecter pour les contaminants réglementés
y sont aussi répertoriées.
ii Il pourrait y avoir un certain risque de pénétration de gaz toxique dans le conduit auditif
lorsque l'utilisateur présente une perforation de la membrane tympanique 24-25 .
3.1.4 Situation de DIVS
Selon
la norme CSA Z94.4-93 4 , une atmosphère présentant un danger immédiat
pour la vie ou la santé est une condition dans tout lieu,
espace ou zone de travail où une atmosphère
dangereuse iii qui,
respirée pourrait entraîner la mort d'une personne
non munie d'un appareil de protection respiratoire approprié,
lui faire subir des effets immédiats et irréversibles
sur sa santé ou provoquer chez elle une incapacité
de travail. On considère être en présence
d'une condition constituant un DIVS chaque
fois qu'une ou plusieurs des conditions suivantes existent :
-
Un contaminant connu à une concentration égale ou
supérieure à une concentration de DIVS
-
Un contaminant connu à une concentration inconnue, mais
potentiellement toxique
-
Un contaminant inconnu
- Une
insuffisance d'oxygène
-
Un espace clos
- Une
concentration de contaminant égale ou supérieure
à la limite inférieure d'explosivité
-
La lutte contre un incendie
La
présence d'une telle situation influe sur le choix de l'appareil
de protection respiratoire à utiliser.
iii Toujours selon la norme CSA Z94.4-93 4
: Toute atmosphère pauvre en oxygène ou qui renferme des contaminants de l'air toxiques ou
susceptibles de causer des maladies à des concentrations supérieures à la limite d'exposition.
3.1.5 Concentrations de DIVS (IDLH)
Les
concentrations de DIVS se retrouvent sous l'appellation IDLH
dans le Pocket Guide to Chemical Hazards 11
publié par le NIOSH. Dans ce guide de poche les contaminants chimiques, l'institut américain
explique que les concentrations IDLH ont été établies pour s'assurer que, dans le cas du bris
de l'équipement de protection respiratoire, les travailleurs puissent s'échapper d'une exposition
à des contaminants sans subir de dommages irréversibles sur leur santé.
Les concentrations IDLH des contaminants chimiques sont établies
en fonction d'une marge de sécurité concernant les effets
pouvant résulter d'une exposition de 30 minutes. Toutefois,
cette période de 30 minutes n'implique en aucune façon
que le travailleur puisse rester dans le milieu contaminé
plus que le temps nécessaire à l'évacuation.
Donc, le NIOSH définit qu'une condition d'exposition de type
IDLH présente un risque d'exposition à des contaminants dans l'air qui pourraient causer des effets défavorables irréversibles, immédiats ou retardés sur la santé, ou qui pourraient causer la mort ou qui pourraient empêcher l'évacuation d'un tel environnement.
Il
est possible de consulter le site Web du
Service du Répertoire toxicologique de la CSST pour obtenir ces valeurs.
3.1.6 Limite inférieure d'explosivité
La
plage d'explosivité d'un contaminant constitue une zone de danger immédiat
pour la vie ou la santé (DIVS),
et c'est pourquoi il est nécessaire de connaître ses limites.
Si la concentration du combustible est inférieure à
un certain niveau, elle est insuffisante pour assurer la propagation
de la combustion. La concentration minimale à laquelle il
y a un risque d'explosivité est appelée limite inférieure
d'explosivité (LIE). Elle s'exprime généralement
en pourcentage par volume dans l'air et est mesurée à
la température de la pièce. Selon la norme CSA Z94.4-93
4 , les concentrations de contaminants
supérieures à la limite inférieure d'explosivité
sont considérées comme présentant un danger
immédiat pour la vie ou la santé (DIVS)
et des mesures appropriées à doivent
être prises. Pour des informations sur les valeurs LIE, référrz-vous aux tableaux publiés
dans l'appendice H de la norme CSA Z94.4-93 4 .
Il est possible de consulter le site Web du
Service du Répertoire toxicologique de la CSST pour obtenir ces valeurs.
3.1.7 Quantité d'oxygène dans l'air
Le
RSST 1 précise que le pourcentage d'oxygène
en volume dans l'air à tout poste de travail d'un établissement,
ne doit pas être inférieur à 19.5 % à
la pression atmosphérique normale. Tous
les appareils de protection respiratoire à épuration
d'air, approuvés par le NIOSH, doivent être utilisés
dans des milieux de travail dont la concentration d'oxygène
est supérieure à 19.5 %.
L'effet
du manque d'oxygène peut être graduel ou soudain. La
perte de connaissance et le décès peuvent survenir
en quelques minutes. La situation n'est pas toujours prévisible,
mais les espaces clos ont un potentiel de risque élevé
à cet effet. Le déplacement de l'oxygène par
des gaz ou des vapeurs, la consommation d'oxygène
dans des réactions de combustion de même que de corrosion,
de fermentation et d'autres formes d'oxydation et de décomposition
de matière organique peuvent provoquer cette baisse. Ces
situations se produisent, entre autres, lors d'un incendie, ainsi que dans des
silos, des citernes, des cales et différents autres espaces clos.
La
diminution d'oxygène dans l'air inspiré crée
une baisse de la tension partielle d'oxygène dans le sang
artériel et dans les poumons. L'appendice J de la norme CSA Z94.4-93
4 explique en détail l'
insuffisance d'oxygène et donne les principaux effets
sur la santé de l'humain dans le tableau J1.
3.2 Substances cancérogènes et isocyanates
Pour assurer une meilleure protection des travailleurs en présence de produits cancérogènes et d'isocyanates,
l'article 42 du RSST 1 , stipule ce qui suit
Lorsqu'un travailleur est exposé à une substance identifiée à l'annexe I comme ayant un effet
cancérogène démontré ou soupçonné chez l'humain ou comme étant un diisocyanate ou des oligomères d'isocyanate,
une telle exposition doit être réduite au minimum, même lorsqu'elle demeure à l'intérieur des normes prévues
à cette annexe. Ce libellé concerne les substances avec notation C1, C2 et S pour les diisocyanates et
oligomères d'isocyanate pairaissant dans l'annexe I du RSST 1 .
3.3 Facteur de protection
Un
facteur de protection est assigné à
chaque catégorie d'appareil de protection respiratoire pour indiquer son efficacité. C'est le
facteur de protection caractéristique (FP). Plus il est élevé, meilleure est la protection offerte par l'appareil. Le facteur de protection est défini
comme étant le rapport des concentrations des contaminants
mesurées à l'extérieur de l'appareil de protection
respiratoire (C e ) et à l'intérieur
de cet appareil (C i ).
FP = C e / C i
3.4 Facteur de protection caractéristique
Les facteurs de protection caractéristique ont été
obtenus par des essais en laboratoire avec des personnes ayant suivie une formation au port d'appareils de protection respiratoire et bien rasées.
Ce facteur est le niveau de protection attendu d'un tel équipement pourvu qu'il soit en bon état
et bien porté par l'utilisateur.
Le
tableau 3.1 donne les facteurs de protection caractéristique
en fonction du type d'appareil de protection respiratoire et du
type de pièce faciale.
Tableau 3.1 Facteurs de protection caractéristique de différents
appareils de protection respiratoire selon
les normes CSA Z94.4-93 4 et
ANSI Z88.2-1992 23
Type d'appareil de protection respiratoire |
Type de masque |
Quart de masque |
Demi-masque(1) |
Masque complet |
Casque et cagoule |
Masque souple |
|
Épuration d'air
|
5
|
10
|
100
|
--
|
--
|
|
Autonome à circuit ouvert à la demande (2)
|
--
|
10
|
100
|
--
|
--
|
|
À conduit d'adduction d'air sur demande
|
--
|
10
|
100
|
--
|
--
|
|
Épuration d'air à ventilation motorisée
|
--
|
50
|
1 000 (3)
|
1 000 (3)
|
25
|
|
À
conduit d'adduction d'air à surpression (pression positive)
|
--
|
50
|
1 000
|
--
|
--
|
|
À
conduit d'adduction d'air à débit constant
|
--
|
50
|
1 000
|
1 000
|
25
|
|
Appareil
autonome à circuit ouvert à surpression (pression
positive)
|
--
|
--
|
(4)
|
--
|
--
|
|
Appareil
autonome à circuit fermé (pression positive)
|
--
|
--
|
(4)
|
--
|
--
|
|
Appareil
de protection respiratoire pour l'évacuation (5)
|
--
|
--
|
--
|
--
|
--
|
|
Appareil
de protection respiratoire à épuration
d'air combiné à un appareil de protection respiratoire
à adduction d'air (6)
|
--
|
--
|
--
|
--
|
--
|
|
À
conduit d'adduction d'air combiné à un
appareil de protection respiratoire autonome (6)
|
--
|
--
|
--
|
--
|
--
|
(1) Selon la norme ANSI Z92.2-1992, un facteur de protection de 10 peut être attribué aux pièces
faciales filtrantes (masques jetables) et aux demi-masques avec pièce élastomérique.
(2) Les appareils autonomes de mode sur demande ne doivent pas être
utilisés dans les situations de lutte contre un incendie ni dans des atmosphères de DIVS.
(3) Les facteurs de protection caractéristique indiqués
le sont pour des appareils munis de filtres à haute efficacité
et pour des adsorbants (cartouches et boîtiers).
Dans le cas de filtres pour la poussière, le facteur de protection caractéristique sera de 100.
Notons qu'avec la nouvelle norme 42 CFR Part 84, les
appareils à épuration d'air à ventilation motorisée,
utilisant des filtres, ne seront approuvés que pour des filtres
à haute efficacité.
(4) Les appareils de protection respiratoire autonomes assurent le facteur de protection le plus élevé,
mais en simulation de travail, ce ne sont pas tous les utilisateurs qui obtiennent
cette performance d'un facteur de protection
de 10 000. C'est pourquoi on ne peut accorder un FPC définitif
à cette catégorie d'appareils. Lorsque l'évaluation
des concentrations dangereuses est possible, on devrait utiliser
un FPC d'au plus 10 000.
(5) Les facteurs de protection caractéristique ne s'appliquent pas
aux appareils d'évacuation.
(6) Le facteur de protection caractéristique des appareils de protection respiratoire combinés devrait
être établi d'après le mode d'utilisation.
3.5 Concentration maximale d'utilisation
Selon
la norme CSA Z94.4-93 4 , la concentration
maximale d'utilisation d'un appareil de protection respiratoire
est le produit de la valeur d'exposition moyenne pondérée
(VEMP) pour un contaminant par le facteur de protection caractéristique (FPC) de l'appareil.
Toutefois, les appareils à épuration d'air ne doivent
pas être utilisés pour pénétrer dans
des atmosphères à des concentrations de contaminants
égales ou supérieures aux concentrations de
DIVS.
Exemple :
Pour choisir un masque à épuration d'air, l'estimation suivante pourra être faite en présence de xylène.
La concentration de xylène admissible indiquée dans la partie 1 de l'annexe I du RSST
1 est de 100 ppm (valeur d'exposition moyenne
pondérée). Un appareil de protection respiratoire
à épuration d'air de type demi-masque a un facteur de protection caractéristique de 10.
La concentration maximale sera donc de 1 000 ppm, dans ce cas. Théoriquement,
un appareil de protection respiratoire à épuration d'air demi-masque pourrait être utilisé jusqu'à
1 000 ppm. Cependant, la concentration de DIVS du xylène est de 900 ppm (d'après les tableaux du
Pocket Guide to Chemical Hazards 11 de NIOSH) et un
appareil de protection respiratoire à épuration d'air ne peut pas être utilisé pour des concentrations
égales ou supérieures aux concentrations de DIVS. Il faudra donc utiliser un système de protection
respiratoire avec un facteur de protection plus élevé à l'approche de ces concentrations. De plus, le xylène pouvant être absorbé par
la peau, il faudra prévoir une protection cutanée.
3.6 Coefficient de risque
Le
coefficient de risque (C.R.) est le rapport entre la concentration du contaminant
dans l'air ambiant et la VEMP définie
par le RSST 1 . Dans aucun cas lors du choix d'un appareil
de protection respiratoire, le C.R. (HR en anglais pour Hazard Ratio du NIOSH
8 ) ne devrait excéder la valeur du
facteur de protection caractéristique de l'appareil.
FPC : facteur de protection caractéristique
C.R. : coefficient de risque appelé aussi
facteur de protection minimum
3.7 Conditions particulières d'utilisation
Certaines situations posent des problèmes aux utilisateurs d'appareils
de protection respiratoire et certaines conditions peuvent nuire
au bon fonctionnement de l'appareil. Les points suivants qui devraient
être pris en compte dans la sélection d'un tel appareil
sont évoqués le plus fréquemment.
3.7.1 Pilosité faciale
Pour
le port de tout appareil de protection respiratoire nécessitant
une étanchéité parfaite entre la pièce
faciale et le visage, particulièrement pour les appareils
à surpression, un bon rasage est nécessaire. Un seul
point du visage mal rasé au contact du joint étanche
peut laisser passer des contaminants. Même si les poils paraissent
courts, en comparaison avec le diamètre des
particules contaminées, ils laissent place à
l'infiltration. Il faut donc éviter l'interposition de cheveux,
d'une barbe et de favoris avec le joint étanche d'un masque.
Le point 9.1.1.1 de la norme CSA Z94.4-93 4 précise que les personnes qui doivent porter un respirateur
à surpression ou à pression négative doivent
être bien rasées afin d'assurer l'étanchéité
du masque avec la peau du visage.
3.7.2 Verres correcteurs
Les branches des verres correcteurs, même très fines, peuvent
nuire à l'étanchéité du masque. Certains
modèles de masque complet peuvent être équipés
de lunettes intérieures. Le point 9.1.1.3 de la norme CSA Z94.4-93 4 spécifie que si
un utilisateur porte des verres correcteurs, ceux-ci ne doivent
pas nuire à l'étanchéité du masque avec le visage.
|
|
Figure 3.1 Exemple de masque complet avec lunettes intégrées (gracieuseté de Survivair)
|
3.7.3 Lentilles cornéennes
Il
existe une possibilité d'irritation cornéenne causée par l'adsorption
des vapeurs irritantes sur des lentilles de contact.
Les appareils de protection respiratoire à adduction d'air
peuvent causer le déplacement ou la chute des lentilles.
L'AIHA 19 rapporte toutefois dans le manuel Respiratory Protection, a Manual and Guideline, qu'elles sont utilisées
sans aucun problème par de nombreux travailleurs, entres
autres des pompiers. Le point 9.1.1.4 de la norme CSA Z94.4-93 4 recommande toutefois une évaluation
de la situation avant de permettre le port de verres de contact
avec un appareil de protection respiratoire: Le
port de lentilles cornéennes peut être autorisé
par l'administrateur du programme après étude des
facteurs internes et externes au masque susceptibles d'affecter
la vue de l'utilisateur.
Dans
le cas où des lentilles cornéennes sont portées,
il est aussi important de s'assurer que l'air qui pénètre
dans la pièce faciale ne contient pas de matière qui
pourrait s'insérer entre la lentille et l'oeil, causant
de l'inconfort ou une blessure.
3.7.4 Température
Les
températures très froides peuvent causer différents
problèmes pour l'utilisation d'appareils de protection
respiratoire : masques embués, durcissement des matériaux souples, valves collées. Des mesures
peuvent être prises pour diminuer ces effets sur les appareils,
comme l'installation d'un déflecteur interne qui détourne
l'air exhalé et évite qu'il entre en contact avec
la visière froide du masque et l'embue. Les fabricants peuvent
aussi apporter d'autres solutions à ces problèmes et ainsi diminuer
les effets de températures extrêmes.
Les appareils de protection respiratoire utilisés dans des conditions
de température extrêmes peuvent subir de graves modifications
qui nuisent à leur efficacité. Il est recommandé
d'observer strictement les méthodes d'entretien et de réparation indiquées.
De même, les utilisateurs doivent recevoir une formation complète
en ce qui a trait à l'utilisation et aux capacités
de ces appareils dans de telles températures, particulièrement
les appareils de protection respiratoire autonomes (voir l'appendice
D de la norme CSA Z94.4-93 4 ).
Une attention particulière doit être apportée à
tout problème spécifique qui peut survenir et éviter
ainsi qu'il nuise au bon fonctionnement du système de protection
respiratoire.
3.7.5 Communication
Dans
certaines conditions de travail, la communication verbale
est nécessaire, mais les difficultés à se faire
comprendre peuvent provoquer des mouvements faciaux exagérés,
un déplacement du masque et une diminution de l'étanchéité.
Certains équipements facilitent la communication,
mais s'ils entraînent une modification de l'appareil, il faut vérifier que l'approbation par le NIOSH reste valable.
Le point 9.1.4 de la norme CSA Z94.4-93 4 donne plusieurs directives d'utilisation de systèmes de communication
Figure 3.2 Exemple de masque complet avec membrane phonique (gracieuseté de North)
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Figure 3.4 Exemple d'appareil de protection respiratoire à adduction d'air avec système de communication (gracieuseté de Survivair)
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Figure 3.3 Exemple de demi-masque à épuration d'air avec diaphragme de communication (gracieuseté de Survivair)
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3.8 Conditions médicales
Le chapitre 11 de la norme CSA Z94.4-93 4 ,
Examen médical des utilisateurs d'appareils de protection respiratoire, stipule que
l'administrateur du programme, ou son représentant, doit déterminer,
selon la recommandation d'une personne qualifiée, si un employé
est en mesure de porter un respirateur. et si l'administrateur
du programme considère que, en raison de la santé
ou la condition physique d'une personne, on doive obtenir l'avis
d'un médecin avant qu'elle puisse porter un respirateur,
cette personne doit consulter un médecin qui connaît
le genre de travail qu'elle a à accomplir, ainsi que les
conditions dans lesquelles le travail est exécuté...
Un comité de travail étudie présentement les balises des examens médicaux des utilisateurs d'appareils
de protection respiratoire au Québec.
3.9 Autres facteurs à considérer
Tout
en considérant l'ensemble des données techniques relatives aux appareils de protection respiratoire, il est important de se rappeler que les facteurs humains peuvent
jouer un très grand rôle pour la sécurité des travailleurs. L'infiltration de contaminant dans le masque
résultant d'un ajustement inadéquat, un manque d'entretien,
un mauvais entreposage, une mauvaise utilisation par manque de confort
ou de difficultés de communication sont d'autant d'éléments qui ont un effet négatif sur l'efficacité
d'un système de protection respiratoire.
Il est aussi important, suivant le choix d'un appareil de protection
respiratoire, que le responsable du programme de protection respiratoire s'informe
régulièrement des points suivants auprès des utilisateurs:
facilité de mouvements;
capacité d'effectuer le travail;
confiance dans la capacité de protection de l'appareil.
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